Inflation à 2,4 %, énergie à +16,7 % : que se passe-t-il vraiment, et pourquoi la biomasse retrouve tout son intérêt ?
La France connaît une inflation générale plutôt contenue par rapport à plusieurs voisins européens, mais un nouveau choc énergétique est visible dans les données d’août 2026. Bois et granulés ne sont pas immunisés contre les hausses de prix, mais leurs fondamentaux restent solides : ressource largement disponible en France, coût compétitif et stabilité retrouvée après la crise de 2022.
2,4 % d’inflation et +16,7 % pour l’énergie : les deux chiffres sont exacts
Selon l’INSEE, l’indice des prix à la consommation augmente de 2,4 % sur un an en août 2026. Dans le même temps, les prix de l’énergie accélèrent à +16,7 %.
Il n’y a pas de contradiction. L’inflation générale mesure l’évolution moyenne d’un panier très large de biens et services. L’énergie ne représente qu’une partie de ce panier. En 2026, sa pondération dans l’IPC est de 764 sur 10 000, soit environ 7,64 %.
Cela explique pourquoi une forte hausse énergétique peut coexister avec une inflation générale bien plus faible. Mais cela explique également pourquoi certains foyers peuvent ressentir une hausse de leur budget beaucoup plus importante que la moyenne nationale.
Le recul historique change complètement la lecture de 2026
Comparer uniquement août 2026 à août 2025 donne une photographie. Regarder plusieurs années donne une histoire.
En août 2022, l’inflation générale atteignait 5,9 % et l’énergie progressait de 22,7 %. En août 2025, l’énergie reculait au contraire de 6,2 %. En août 2026, elle rebondit à +16,7 % alors que l’inflation générale reste à 2,4 %.
La France se situe plutôt dans la partie basse de l’inflation européenne
Pour comparer les pays européens, il faut utiliser l’indice harmonisé des prix à la consommation, l’IPCH. En août 2026, la France se situe à 2,6 %, contre 3,2 % pour la zone euro.
L’Allemagne est à 2,9 %, l’Italie à 3,2 %, le Portugal à 3,6 %, la Belgique à 4,2 % et l’Espagne à 4,6 %. Cela ne signifie pas que le pouvoir d’achat est meilleur en France dans toutes les situations, mais cela remet le chiffre national dans son contexte européen.
Le +16,7 % de l’énergie cache des réalités très différentes
En août 2026, les produits pétroliers augmentent de 28,7 % sur un an. Le gazole atteint +36,4 %, l’essence +19,1 % et les combustibles liquides +47,8 %. Le gaz progresse de 14,3 %. L’électricité, elle, est à +1,1 %.
Il serait donc faux de traduire « énergie +16,7 % » par « se chauffer coûte 16,7 % plus cher ». Le résultat dépend totalement de l’énergie utilisée.
| Énergie / produit | Évolution sur un an |
|---|---|
| Ensemble énergie | +16,7 % |
| Produits pétroliers | +28,7 % |
| Gazole | +36,4 % |
| Essence | +19,1 % |
| Combustibles liquides | +47,8 % |
| Gaz | +14,3 % |
| Électricité | +1,1 % |
Pourquoi la biomasse mérite d’être regardée différemment
Le bois-énergie reste la première source renouvelable produite en France. Selon le SDES, il représente 116 TWh en 2024, soit environ 30 % de la production primaire d’énergies renouvelables.
Ce poids n’est pas anecdotique. Il signifie que la biomasse n’est pas une énergie marginale dans le mix français. Elle repose sur une filière largement territorialisée, connectée à la ressource forestière, aux scieries, aux industries du bois et aux réseaux de distribution nationaux et locaux.
Granulé : une crise réelle en 2022, puis une normalisation
Il serait contre-productif de prétendre que le granulé n’a jamais connu de choc de prix. La crise de 2022 a été réelle. Elle a combiné forte hausse de la demande, tensions sur l’approvisionnement et augmentation des coûts de production.
Mais elle ne résume pas la trajectoire du granulé. En 2026, les prix observés au deuxième trimestre se situent autour de 385 € la tonne en sacs et 388 € la tonne en vrac, soit environ 8,4 c€/kWh d’énergie.
La comparaison publiée par Propellet place le granulé nettement sous le gaz naturel, le fioul, le propane et l’électricité sur le seul critère du prix de l’énergie. Cette comparaison doit être lue avec prudence : les dernières valeurs de gaz et d’électricité représentées dans leur graphique correspondent à décembre 2025, et le coût réel du chauffage dépend aussi du rendement, de l’entretien et de l’investissement.
Bois bûche et granulé : deux réponses différentes
Le bois bûche peut offrir un coût d’usage très compétitif lorsque le foyer dispose d’un approvisionnement local de qualité et d’un espace de stockage adapté. Le granulé apporte davantage d’automatisation, de programmation et d’autonomie, avec une combustion très contrôlée sur les appareils modernes.
Les deux solutions ont un point commun important : elles s’appuient sur une ressource biomasse disponible sur le territoire et sur une filière française structurée. Elles ne sont pas totalement indépendantes des marchés de l’énergie, car leur production et leur transport consomment eux-mêmes de l’énergie, mais leur exposition est différente de celle du pétrole et du gaz importés.
Alors, que signifie vraiment le chiffre de +16,7 % ?
Il signifie surtout que le choix de l’énergie compte de plus en plus dans le budget d’un logement.
Il ne signifie pas que toutes les énergies augmentent dans les mêmes proportions. Il ne signifie pas non plus que chaque foyer subit exactement la même inflation. Un ménage chauffé au gaz, un ménage équipé d’un poêle à granulés, un utilisateur de fioul ou un foyer chauffé à l’électricité ne vivent pas la même évolution de prix.
Le vrai indicateur à comparer est le coût annuel de chaleur utile, c’est-à-dire ce que le foyer dépense réellement pour atteindre le niveau de confort recherché une fois pris en compte le rendement de l’appareil, le besoin du logement et le prix de l’énergie.
La position Firelovers
Notre métier est de proposer des solutions de chauffage. Mais une solution de chauffage engage un foyer pendant de nombreuses années. Notre rôle ne peut donc pas se limiter au prix d’achat d’un appareil.
Nous continuerons à publier régulièrement des analyses sur le prix des énergies, la biomasse, le granulé, le bois bûche et le coût réel du chauffage. Lorsque les données sont favorables à la biomasse, nous le dirons clairement. Lorsqu’elles le sont moins, nous l’expliquerons également.
Parce qu’une décision de chauffage mérite mieux qu’un slogan : elle mérite des données, du recul et une vraie expertise.
- INSEE, Indice des prix à la consommation, résultats définitifs août 2026.
- Eurostat, inflation annuelle harmonisée, août 2026.
- SDES, Chiffres clés des énergies renouvelables 2025 et Bilan énergétique de la France 2024.
- ADEME, Prix des combustibles bois pour le chauffage domestique.
- Propellet, « Quel est le prix du granulé de bois en 2026 par rapport aux autres énergies ? », 4 septembre 2026.